Le nom de Saint-Bugan ne figure pas dans la liste des communes du
département. Ce quartier ouest de Loudéac, né au début des années 70
symbolisait le développement de la ville. Et un beau jour de 1980, Rémy
Duaut, l'un de ses habitants alors licencié au Stade loudéacien, sans
prétention démesurée, lança l'idée de créer un club à sa porte. Avec
l'appui de Paul Ponsin, alors entraîneur. Le football club de
Saint-Bugan était né. Avec l'appui du maire de l'époque, le Docteur
Etienne, nommé président, celui du comité des fêtes du quartier qui
octroya une subvention de démarrage, le club se lançait au plus bas
niveau dans l'aventure du football. « C'était vraiment dans le but de jouer pour le plaisir, de s'entretenir physiquement », note
le fondateur, qui, devenu président de l'office municipal des sports de
Loudéac continue de suivre avec beaucoup d'attention l'évolution de son
football-club.
Pas facile de grandir dans l'ombre du Stade
loudéacien ou de l'Avenir sportif évoluant en Ligue. C'est dire si
pendant plusieurs années, le club vivotait plus qu'il ne vivait. Et
c'est peut-être la fusion entre les deux « phares » de la ville qui a
permis à Saint-Bugan de se mettre à grandir. Avec, depuis 2003, un
Robert Bellec entraîneur, Loudéacien pure souche, qui a su attirer
autour de lui des joueurs lassés des couleurs qu'ils portaient ou faire
venir dans le giron de son groupe des éléments valeureux qui, pour
différentes raisons, avaient quitté Loudéac pour s'exiler un peu
partout.
Les ascensions se sont alors poursuivies. Avec un
amalgame réussi entre anciens et jeunes. Deuxième division, promotion de
première, les étapes ont été allégrement franchies par le groupe
jusqu'à son arrivée au plus haut niveau du district en 2006. Après un
apprentissage plutôt délicat, les Bugannais avaient cependant assez de
ressources pour renouveler le bail. Un recrutement judicieux et de
valeur en juin dernier a étoffé le groupe qui, malgré ses malheurs avec
des joueurs sérieusement blessés, se comporte fort bien dans un groupe
relevé, chaudement calé à la quatrième place, à quatre points du leader,
avec à mi-championnat cinq victoires, quatre nuls et deux défaites.
« C'est vraiment un groupe de copains, personne ne se prend la tête, les résultats sont bons », analyse
Lucien Loncle, propos confortés par le président Thierry Remin, un peu
absent des stades actuellement pour résider dans le Morbihan, assez loin
de Loudéac. « Nous devons encore consolider le groupe pour peut-être l'an prochain avoir de l'ambition. » Un
programme alléchant qui donne encore un peu plus d'éclat à la médaille.
Mais son revers est plus terne : pas d'équipes de jeunes et un manque
d'arbitres qui risquent d'être pénalisants dans le futur.